je pense beaucoup à la violence

Le sang. La violence.

 

Elle la perçoit comme une caractéristique propre à notre espèce. Et alors, se questionne t-elle, comment comprendre l’être humain, si nous ne comprenons pas la violence, elle-même?

 

C’est une femme. C’est une mère. Elle n’a pas d’identité mais n’est pas anonyme non plus. Elle pourrait être vous, moi, chacune d’entre nous. Elle est universelle. Elle est jeune, irresponsable, demandeuse, sans limites. Elle se peint comme une personne à la sexualité révoltante. Attention, elle n’est pas une fille facile. Quand elle vous parle, elle est ailleurs. Cachée sous un visage qui manque d’expression. Mais, détrompez-vous, elle ressent.

 

Un jour, elle tombe amoureuse.

 

Cet amour si grand qu’elle aura pour un homme. Elle s’engouffre, se jette dans la gueule du loup, tête première, les yeux fermés. Un amour charnel qui peut conduire au drame, à la catastrophe, à l’inacceptable. A ce qu’on ne peut pardonner. Si la fin est tragique, me direz-vous, c’est uniquement de sa faute.

 

Malheureusement, elle ne faisait qu’aimer. Est-ce le prix à payer?

 

Elle est posée. Elle porte des chemises. C’est son métier qui veut ça. Elle s’attache les cheveux parfois. C’est plus pratique et plus professionnel. Elle a beaucoup d’ambition, elle est réfléchie. Elle n’est pas dupe et comprend quand on la trompe. Elle joue carte sur table et affronte les situations. Elle essaie.

 

 

Elle tente constamment d’analyser les hommes et les femmes. Comprendre pourquoi nous sommes si différents. Qui décide donc sur Terre comment un homme agit, comment une femme répond, pourquoi certains s’imposent et d’autres fléchissent soudainement.

 

Elle est femme puis elle devient mère. Elle est mère et restera mère. Une fille et un garçon. Ils se battent souvent mais elle aime être maman. Ils sont la chair de sa chair, le sang de son sang. Elle apprécie les moments quand elle pense au passé. C’était si doux. Malgré tout, elle avance, avance, avance. Continuellement. Elle en est épuisée. Mais elle est maman. C’est sa seule dignité. Parfois, elle parvient à oublier les mauvais souvenirs. Cela demande de la patience, du courage et du travail.

 

Reconstruction après destruction.

 

Après le point de non retour,

Après… la violence.